Alcool et l’arabitude

 

L'alcool

 

En apéritif, à table, ou en digestif

L'alcool donne à tout le monde un air festif

De l'ivrogne au simple gars éméché

La boisson permet , les langues, de délier

 

Un nectar un Bourgogne, ou un vin cuit

Un spiritueux, une liqueur ou un Martini

tous se boivent, tous ensemble, entre amis

Alcool mauvais, triste ou joyeux, on rit

 

L'ivresse modérée est un réel plaisir

L'ivresse excessive peut mener au pire

Les convives, aprés s'être taquinés,

Entonnent des chansons paillardes et gaies

 

Certains profitent de la beuverie

Pour que les quatre vérités soient dit

On se lâche, on s'exprime, on danse

Si on ne fait pas de coma c'est une chance

 

 

L'arabitude

 

C'est baisser les yeux devant les anciens

C'est ne pas  faire allusions aux rapports câlins

C'est parler haut et fort et avec les mains

C'est ne pas apprivoiser les chats et les chiens

 

C'est ne pas consommer ni bière, ni vin

C'est se cultiver  et respecter  chaque être humain

C'est chanter, crier, et danser jusqu'au petit matin

C'est manger tous ensemble et avec les mains

 

C'est se satisfaire de peu de chose, d'un rien

C'est offrir des cadeaux quand on vient de loin

C'est porter autour du coup, de fatma, une main

C'est parler d'argent même quand on en a point

 

 

Sans titre I

 

Ma plume est timide

Et si elle froisse ma page

Elle répondra séchement

 

Comme une sculpture, vous avez été modelée

Par un artiste échevelé

Quand je vous regarde

Je me perds,  par mégarde

Et me hasarde

A vous connaître

et de votre charme, me repaître

Puis comme promis, je vous envoie une lettre

 

Si mon voyage vous voulez qu'on partage

Alors je m'engage

A afficher sur votre visage 

Le plus grand des sourires

 

Et si un repas

est un premier pas

Alors un dessert

est  tout un univers…

 

 

Tomber amoureux,

 

Cela commence par l'un de ces doux visages

Que nos yeux gourmands ne veulent jamais quitter

Puis, c'est un parfum et un regard pas sage

Un attrait contre lequel on ne peut lutter…

 

L'envie d'être éternellement à côté d'elle

De mieux la connaître, mieux connaître ses goûts

Sa vie, ses amis et cette voix sensuelle

Ne voir que ses qualités et ses rouges joues

 

Voire son sourires sincère et le lui rendre

Rires à ses blagues, chanter ses tubes favoris

Et quand je la quitte, mon coeur veut se pendre

Mes larmes sont alors comme une dense pluie

 

Ne penser à rien qu'à ses traits et ses clairs yeux

Se sentir trop seule quand elle est absente

Autrement dit, tomber follement amoureux

Et puis la trouver magique et fascinante…

 

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A ma muse et La nordicité

A ma muse…


Avec toi, on en a pris des chemins…

Une fois qu'on a fait un pas, on a fait un choix

On allait pas reculer alors on est allé plus loin

Moi, ce que j'adorais c'était le son de ta voix

 

Le longs d'une rangée de tilleuls

Je me sentais un peu moins seule

On bavardait, on se souriait

Et dans mon coeur c'était le 14 juillet

 

Ta silhouette était encore plus belle

que celle d'une hirondelle

Et tu avais le vent en poupe

Comme il y a longtemps, Betty Boop

 

Tu ne peux pas t'imaginer

Combien je souffre quand je dois te quitter

J'ai envie de t'inviter à dîner,

Mais cela , tu l'as déjà deviné…?

 

 

La nordicité

 

C'est parler en roulant les "r"

C'est être prise, ici, pour une étrangère

C'est venir d'un pays où règne une drôle d'atmosphère

C'est imaginer des créatures forestièeres

 

C'est avoir la tête en l'air

C'est ne pas avoir les pieds sur terre

C'est croire aux contes de fées, aux mystères

C'est avoir son propre univers

 

C'est apprécier de boire une bonne bière

C'est ne jamais être célibataire

C'est nager, au petit matin, dans la mer

C'est ne pas faire de manières

 

C'est manger à tous les repas des pommes de terre.

C'est avaler, en digestif, un alcool amer

C'est se jeter, aprés le sauna, dans la rivière

C'est vivre pendant six mois, en hiver…

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Métissage et autres

Le métissage

 

C'est d'être ni d'une race ni de autre

C'est n'appartenir ni a mon pays ni au vôtre

C'est être le fruit de deux cultures opposées

C'est être du  nord de l'Europe et de l'Afrique, née

 

C'est avec ses contradictions composer

C'est être, entre les aryens et les sémites, l'enfant de la paix

C'est fêter Noël et pendant le Ramadan, jeûner

C'est n'avoir ses origines nulle part et partout, être déracinée

 

C'est alterner entre la neige et le sable

C'est connaître le grand froid et la chaleur palpable.

C'est aller, tour à tour au hammam et au sauna

C'est C'est l'été permanent et l'hiver pendant six mois

 

C'est venir d'un pays recouvert de végétation

C'est être originaire d'une terre souffrant de désertification

C'est avoir un caractère à la fois calme et tranquille

C'est être bien vivant , bavard et même volubile…

 

 

 

Amplitude thermique

 

Là, devant toi, sous tes yeux et tes pas, la rue

Une rue grise et peuplée d'individus

Les uns et les autres, se croisent, se toisent

A la manière muette des grenoblois et grenobloises

 

Cette ville est sous l'influence des saisons,

Pendant l'automne et l'hiver, nous nous y taisons

Quand il fait meilleur, les gens s'épanouissent

De la douceur printanière, ils jouissent

 

Les rires des enfants, les chants, les spectacles

Animent les ruelles, tel un miracle

Les femmes en jupes ou en robes colorées,

Les hommes paradent coiffés de canotiers

 

C'est ainsi jusqu'à la saison des vendanges,

les uns et les autres prennent le temps de l'échange

Jusqu'au tardif coucher du soleil estival

L'indifférence, le silence ne font plus mal

 

Puis le morne Octobre remplace l'été,

Sa pluie, sa froideur, l'école: il faut travailler

La foule reprend sa cadence habituelle

Sans se voir dans le mouvement perpétuel

 

 

Sans titre

 

Tu étais étudiant

Mais étais-tu dedans?

Tu allais à la fac

Mais pas sans la caf

Tu y apprenais les différentes figures de style

Et tu y découvrais les différents styles de figures

Maintenant tu voudrais la paix

Mais seulement si cela paie

Tu manges à toutes heures des petits beurres

Et tu n'en laisses même pas pour les petits beurs

Eux qui meurent de faim

Eux qui mourront à la fin

Tu as été au Sénégal

Mais la misère d'ici, cela t'est égal…

Toi et moi on a croqué la pomme

Mais le reste tu le gardes pour ta pomme

Tu ne penses qu'à ton colossal ego

En oubliant qu'on est tous égaux

Tu cherchais l'hospitalité 

Tu as trouvé l'hôpital

Tu as été tellement,  de tout, en dessous

Que tu as préféré boire tout ton saoul

 

 

Sans titre II

 

 

Dans le miroir, il y a un visage

Un visage, aux traits tirés, qui m'enrage

Une femme fanée, pas très fière de ce qu'elle fait

Une femme fatiguée qui a perdu sa force passée

 

Je vis avec elle, j'essaie de lui dire qu'elle est belle

Mais elle est clairvoyante , lucide et rebelle

Elle ne supporte pas l'hypocrisie, non plus

Elle ressemble à une matrone, une matrone perdue

 

Ni vraiment femme, ni vraiment homme

Ni vraiment adulte, ni vraiment môme

Un peu naïve, un peu fragile

Pas assez combative, toujours sur le fil

 

Le temps, la vie, les ennuis

Ont tracé sur son minois autrefois joli

Des traits, des poches, des cernes ténébreux

Et même ses rêves sont nuageux.

 

 

 

Désequilibre

 

Y'en a marre de tous ces "moi"

Y'en a assez que passent les "mois"

Y'en a marre que tu ne parles que de toi

Et non de ceux qui n'ont pas de toit

Y'en a marre de ceux que l'on nomme "ils"

Y'en a assez de leurs voyages sur les îles

Y'en a marre de ne pas pouvoir être avec elle

Y'en a marre de se brûler les ailes

Y'en a marre de n'employer que le "on"

Y'en a marre de ne pas avoir ce qu'ils ont

Y'en a marre de cette histoire entre nous

Y'en a assez que l'intrigue ne se dénoue!

Y'en a marre de ne pas pouvoir être avec vous

Car je vous voue un amour colossal, je l'avoue

Y'en a marre de cet état singulier

Dû à des relations nombreuses et plurielles

Y'en a marre du genre masculin

Y'en a assez de devoir forcément avoir un style féminin!!!

 

 

Sans titre III

 

C'est une vieille veuve, velue et vilaine

Au bide bombé dont les bourrelés bavent

Sur ses jambes jugées, jadis, trés jolies

Aujourd'hui rayées de ridules de rombière

 

Son minois de mégère machiavélique

Est coiffé de cheveux chatains et d'un chapeau

Obsolète pour les gros obèses obsédés

Par la mode merdique qui malmènent les mémères

 

Son apparence n'apporte point de plaisir

A ceux scrutant sérieusement les silhouettes,

Dans les rues et les ruelles de la région

Pour y lever une lolita élancée

 

Les gosses eux aiment goûter aux gâteaux goûtus

Les petits et les papys partagent ce plaisir.

Complices, ils communiquent en connivence

Et se comprennent clairement , sans un couac…

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