Le métissage

 

C'est d'être ni d'une race ni de autre

C'est n'appartenir ni a mon pays ni au vôtre

C'est être le fruit de deux cultures opposées

C'est être du  nord de l'Europe et de l'Afrique, née

 

C'est avec ses contradictions composer

C'est être, entre les aryens et les sémites, l'enfant de la paix

C'est fêter Noël et pendant le Ramadan, jeûner

C'est n'avoir ses origines nulle part et partout, être déracinée

 

C'est alterner entre la neige et le sable

C'est connaître le grand froid et la chaleur palpable.

C'est aller, tour à tour au hammam et au sauna

C'est C'est l'été permanent et l'hiver pendant six mois

 

C'est venir d'un pays recouvert de végétation

C'est être originaire d'une terre souffrant de désertification

C'est avoir un caractère à la fois calme et tranquille

C'est être bien vivant , bavard et même volubile…

 

 

 

Amplitude thermique

 

Là, devant toi, sous tes yeux et tes pas, la rue

Une rue grise et peuplée d'individus

Les uns et les autres, se croisent, se toisent

A la manière muette des grenoblois et grenobloises

 

Cette ville est sous l'influence des saisons,

Pendant l'automne et l'hiver, nous nous y taisons

Quand il fait meilleur, les gens s'épanouissent

De la douceur printanière, ils jouissent

 

Les rires des enfants, les chants, les spectacles

Animent les ruelles, tel un miracle

Les femmes en jupes ou en robes colorées,

Les hommes paradent coiffés de canotiers

 

C'est ainsi jusqu'à la saison des vendanges,

les uns et les autres prennent le temps de l'échange

Jusqu'au tardif coucher du soleil estival

L'indifférence, le silence ne font plus mal

 

Puis le morne Octobre remplace l'été,

Sa pluie, sa froideur, l'école: il faut travailler

La foule reprend sa cadence habituelle

Sans se voir dans le mouvement perpétuel

 

 

Sans titre

 

Tu étais étudiant

Mais étais-tu dedans?

Tu allais à la fac

Mais pas sans la caf

Tu y apprenais les différentes figures de style

Et tu y découvrais les différents styles de figures

Maintenant tu voudrais la paix

Mais seulement si cela paie

Tu manges à toutes heures des petits beurres

Et tu n'en laisses même pas pour les petits beurs

Eux qui meurent de faim

Eux qui mourront à la fin

Tu as été au Sénégal

Mais la misère d'ici, cela t'est égal…

Toi et moi on a croqué la pomme

Mais le reste tu le gardes pour ta pomme

Tu ne penses qu'à ton colossal ego

En oubliant qu'on est tous égaux

Tu cherchais l'hospitalité 

Tu as trouvé l'hôpital

Tu as été tellement,  de tout, en dessous

Que tu as préféré boire tout ton saoul

 

 

Sans titre II

 

 

Dans le miroir, il y a un visage

Un visage, aux traits tirés, qui m'enrage

Une femme fanée, pas très fière de ce qu'elle fait

Une femme fatiguée qui a perdu sa force passée

 

Je vis avec elle, j'essaie de lui dire qu'elle est belle

Mais elle est clairvoyante , lucide et rebelle

Elle ne supporte pas l'hypocrisie, non plus

Elle ressemble à une matrone, une matrone perdue

 

Ni vraiment femme, ni vraiment homme

Ni vraiment adulte, ni vraiment môme

Un peu naïve, un peu fragile

Pas assez combative, toujours sur le fil

 

Le temps, la vie, les ennuis

Ont tracé sur son minois autrefois joli

Des traits, des poches, des cernes ténébreux

Et même ses rêves sont nuageux.

 

 

 

Désequilibre

 

Y'en a marre de tous ces "moi"

Y'en a assez que passent les "mois"

Y'en a marre que tu ne parles que de toi

Et non de ceux qui n'ont pas de toit

Y'en a marre de ceux que l'on nomme "ils"

Y'en a assez de leurs voyages sur les îles

Y'en a marre de ne pas pouvoir être avec elle

Y'en a marre de se brûler les ailes

Y'en a marre de n'employer que le "on"

Y'en a marre de ne pas avoir ce qu'ils ont

Y'en a marre de cette histoire entre nous

Y'en a assez que l'intrigue ne se dénoue!

Y'en a marre de ne pas pouvoir être avec vous

Car je vous voue un amour colossal, je l'avoue

Y'en a marre de cet état singulier

Dû à des relations nombreuses et plurielles

Y'en a marre du genre masculin

Y'en a assez de devoir forcément avoir un style féminin!!!

 

 

Sans titre III

 

C'est une vieille veuve, velue et vilaine

Au bide bombé dont les bourrelés bavent

Sur ses jambes jugées, jadis, trés jolies

Aujourd'hui rayées de ridules de rombière

 

Son minois de mégère machiavélique

Est coiffé de cheveux chatains et d'un chapeau

Obsolète pour les gros obèses obsédés

Par la mode merdique qui malmènent les mémères

 

Son apparence n'apporte point de plaisir

A ceux scrutant sérieusement les silhouettes,

Dans les rues et les ruelles de la région

Pour y lever une lolita élancée

 

Les gosses eux aiment goûter aux gâteaux goûtus

Les petits et les papys partagent ce plaisir.

Complices, ils communiquent en connivence

Et se comprennent clairement , sans un couac…

Share