Métissage et autres
- 2 avril 2011
- Posted in Le coin des artistes
- par Lilie Belle
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Le métissage
C'est d'être ni d'une race ni de autre
C'est n'appartenir ni a mon pays ni au vôtre
C'est être le fruit de deux cultures opposées
C'est être du nord de l'Europe et de l'Afrique, née
C'est avec ses contradictions composer
C'est être, entre les aryens et les sémites, l'enfant de la paix
C'est fêter Noël et pendant le Ramadan, jeûner
C'est n'avoir ses origines nulle part et partout, être déracinée
C'est alterner entre la neige et le sable
C'est connaître le grand froid et la chaleur palpable.
C'est aller, tour à tour au hammam et au sauna
C'est C'est l'été permanent et l'hiver pendant six mois
C'est venir d'un pays recouvert de végétation
C'est être originaire d'une terre souffrant de désertification
C'est avoir un caractère à la fois calme et tranquille
C'est être bien vivant , bavard et même volubile…
Amplitude thermique
Là, devant toi, sous tes yeux et tes pas, la rue
Une rue grise et peuplée d'individus
Les uns et les autres, se croisent, se toisent
A la manière muette des grenoblois et grenobloises
Cette ville est sous l'influence des saisons,
Pendant l'automne et l'hiver, nous nous y taisons
Quand il fait meilleur, les gens s'épanouissent
De la douceur printanière, ils jouissent
Les rires des enfants, les chants, les spectacles
Animent les ruelles, tel un miracle
Les femmes en jupes ou en robes colorées,
Les hommes paradent coiffés de canotiers
C'est ainsi jusqu'à la saison des vendanges,
les uns et les autres prennent le temps de l'échange
Jusqu'au tardif coucher du soleil estival
L'indifférence, le silence ne font plus mal
Puis le morne Octobre remplace l'été,
Sa pluie, sa froideur, l'école: il faut travailler
La foule reprend sa cadence habituelle
Sans se voir dans le mouvement perpétuel
Sans titre
Tu étais étudiant
Mais étais-tu dedans?
Tu allais à la fac
Mais pas sans la caf
Tu y apprenais les différentes figures de style
Et tu y découvrais les différents styles de figures
Maintenant tu voudrais la paix
Mais seulement si cela paie
Tu manges à toutes heures des petits beurres
Et tu n'en laisses même pas pour les petits beurs
Eux qui meurent de faim
Eux qui mourront à la fin
Tu as été au Sénégal
Mais la misère d'ici, cela t'est égal…
Toi et moi on a croqué la pomme
Mais le reste tu le gardes pour ta pomme
Tu ne penses qu'à ton colossal ego
En oubliant qu'on est tous égaux
Tu cherchais l'hospitalité
Tu as trouvé l'hôpital
Tu as été tellement, de tout, en dessous
Que tu as préféré boire tout ton saoul
Sans titre II
Dans le miroir, il y a un visage
Un visage, aux traits tirés, qui m'enrage
Une femme fanée, pas très fière de ce qu'elle fait
Une femme fatiguée qui a perdu sa force passée
Je vis avec elle, j'essaie de lui dire qu'elle est belle
Mais elle est clairvoyante , lucide et rebelle
Elle ne supporte pas l'hypocrisie, non plus
Elle ressemble à une matrone, une matrone perdue
Ni vraiment femme, ni vraiment homme
Ni vraiment adulte, ni vraiment môme
Un peu naïve, un peu fragile
Pas assez combative, toujours sur le fil
Le temps, la vie, les ennuis
Ont tracé sur son minois autrefois joli
Des traits, des poches, des cernes ténébreux
Et même ses rêves sont nuageux.
Désequilibre
Y'en a marre de tous ces "moi"
Y'en a assez que passent les "mois"
Y'en a marre que tu ne parles que de toi
Et non de ceux qui n'ont pas de toit
Y'en a marre de ceux que l'on nomme "ils"
Y'en a assez de leurs voyages sur les îles
Y'en a marre de ne pas pouvoir être avec elle
Y'en a marre de se brûler les ailes
Y'en a marre de n'employer que le "on"
Y'en a marre de ne pas avoir ce qu'ils ont
Y'en a marre de cette histoire entre nous
Y'en a assez que l'intrigue ne se dénoue!
Y'en a marre de ne pas pouvoir être avec vous
Car je vous voue un amour colossal, je l'avoue
Y'en a marre de cet état singulier
Dû à des relations nombreuses et plurielles
Y'en a marre du genre masculin
Y'en a assez de devoir forcément avoir un style féminin!!!
Sans titre III
C'est une vieille veuve, velue et vilaine
Au bide bombé dont les bourrelés bavent
Sur ses jambes jugées, jadis, trés jolies
Aujourd'hui rayées de ridules de rombière
Son minois de mégère machiavélique
Est coiffé de cheveux chatains et d'un chapeau
Obsolète pour les gros obèses obsédés
Par la mode merdique qui malmènent les mémères
Son apparence n'apporte point de plaisir
A ceux scrutant sérieusement les silhouettes,
Dans les rues et les ruelles de la région
Pour y lever une lolita élancée
Les gosses eux aiment goûter aux gâteaux goûtus
Les petits et les papys partagent ce plaisir.
Complices, ils communiquent en connivence
Et se comprennent clairement , sans un couac…





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